mercredi 3 novembre 2010

Le bénévolat au Honduras

Bonjour
Je suis encore au Québec et reviens à Tegucigalpa lundi le 8 novembre.
Je profite de ce temps libre pour parler de mon implication au Honduras.
Lorsque je suis arrivée à Tegucigalpa (la capitale du Honduras) on m'avait offert de travailler avec 2 partenaires de terrain qui habitent là: Un centre pour personnes âgées de la rue et un centre de désintoxication pour alcooliques et toxicomanes. Je devais travailler 2 jours par semaine dans chaque centre. J'ai visité en premier le centre d'hébergement pour les personnes âgées de la rue. Ce que j'ai vu m'a bouleversé beaucoup trop pour être aidante dans ce centre. Ce que vous pouvez imaginer de pauvreté d'un centre n'est rien à ce que j'ai vu. Les centres pour personnes itinérantes du Québec sont des endroits 5 étoiles en comparaison de celui au Honduras. Une odeur d'urine envahit les narines à notre arrivée. Un chien, habitant l'endroit se permet d'asperger les coins des murs d'urine canine pour marquer sa trace. C'est déplorable! Une forme de zoothérapie que je ne comprends pas. Je présume que ces personnes vivaient dans des endroits encore plus déplorables avant leur arrivée sous un toit sécuritaire. Je leur accorde ce soulagement mais je n'ai pas pu offrir mon aide. Lors de notre visite, une aidante était en train de laver une personne âgée devant nous. Disons que l'intimité n'était pas respectée. Je vous donne mon avis personnel: Je pense que certains dirigeants ne donnaient pas tout l'argent qu'ils recevaient aux bonnes personnes. Le manque de chaleur humaine était flagrant.


El buen pastor
Alors je me suis désistée et je me suis rendue chez l'autre partenaire pour une visite.  Le centre El buen pastor (Le bon pasteur, dont l'image à droite est peinte sur un mur du centre). Quel centre! Quelle femme extraordinaire qui dirige ce centre. Une religieuse québécoise qui est arrivée au Honduras il y a 33 ans. Une mère Teresa dans l'âme! J'ai été frappée par l'opposition de ce que j'avais vu la veille. On est arrivée, elle et moi en taxi au centre El buen pastor, le matin à 09h00. Une visite rapide d'un endroit impeccable en propreté et d'une simplicité en mobilier. Plusieurs personnes travaillent à ce centre, une infirmière, un thérapeute, une cuisinière, un administrateur, Sœur Gisèle et une femme médecin à temps partiel. On arrive dans le dortoir des garçons et il y a, couché, dans le dernier lit du fond, un nouvel arrivant. Gisèle (elle ne veut pas que je l'appelle Sœur Gisèle), s'approche du jeune homme et le prend dans ses bras, tendrement, en lui souhaitant la bienvenue dans sa nouvelle famille.  Elle lui parle doucement en espagnol avec des mots doux et un regard tendre d'une maman qui prend soin de son enfant. Je n'ai pas compris tous ses mots mais le ton de sa voix et son regard tendre me disent qu'elle lui prodigue des mots d'encouragement et d'amour humain. Là! c'est ma place! C'est ce que je me suis dit! Je nageais dans le bien-être et l'amour humain. Je crois sincèrement que lorsque nous n'avons pas beaucoup d'argent pour faire marcher une entreprise, il y a l'amour humain qui prend une forme concrète de don de soi et qui soulage les malades. Je suis retournée le lendemain matin avec le cœur gonflé de compassion. J'ai passé une deuxième journée dans la paix et la joie au cœur. Je n'ai pas pu retourner car j'ai dû revenir au Québec. Alors vous comprenez surement les raisons qui me poussent à continuer ce que j'avais à peine commencé au Honduras. Ici au Québec, j'ai reçu une formation en hypnothérapie et en PNL. Sœur Gisèle aimerait que je fasse de la thérapie de groupe. Je vais surement faire des séances de relaxation quand l'espagnol sera mieux maîtrisé. Je me propose d'écrire une séance et la traduire en me faisant corriger par une spécialiste de la langue hondurienne.

Aujourd'hui c'était les funérailles de maman. Cela s'est passé dans la sérénité et la paix de l'âme. On me demandait ce que je faisais au Honduras en sachant que je retournais bientôt. Un oncle et un cousin m'ont donné de l'argent pour apporter à Sœur Gisèle. J'ai été touché par leur geste de générosité sans que je leur demande. Un don du cœur. J'ai reçu 120$ qui correspond à 20 fois le montant en Lempiras, argent du Honduras. Avec ce 120$, elle paiera un mois de loyer, l'électricité, le téléphone et il restera encore un peu d'argent pour l'alimentation. Je crois dans l'honnêteté de cette religieuse. Je l'ai vu agir avec authenticité.

Je vous reviendrai avec d'autres observations à mon retour au Honduras la semaine prochaine.

Hasta luego
Carole

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