dimanche 12 décembre 2010

Dernière journée au Honduras, départ demain

Bonjour
Me revoici au dernier jour avant le grand départ. Je me sens entre deux chaises: Je vais m'ennuyer de mes nouveaux amis du Honduras et je m'ennuie de ma famille, mes amis au Québec...Un moment pas facile à vivre. On tente de tout faire pour avoir du temps ensemble. Hier soir, je suis allée avec Carlos et Isabelle chanter dans un karaoke hondurien...et quelle soirée! Vraiment je me sentais chez moi. Je ne sentais plus ce sentiment d'être ailleurs, l'état du choc culturel se trouvait très loin dans ma mémoire. J'ai chanté en anglais et 1 chanson en espagnol que j'avais apprise durant mes cours d'espagnol. Une soirée inoubliable tellement nous avons eu du plaisir. Carlos et Isabelle ont chanté aussi...Je ne me sentais plus être la minorité visible et les gens dans le centre karaoke chantaient avec moi car ils connaissaient mes choix de chansons. Je me sentais comme eux. C'est toute une belle sensation que se savoir accepté par eux et ça laisse une trace dans ce pays d'accueil.
Aujourd'hui c'était les valises, les derniers préparatifs pour le départ...Carlos, Isabelle et moi, on a fait du "coccooning"...jusqu'au souper. Un dernier souper avec Soeur Gisèle, Carlos et Isabelle...

Notre dernier souper ensemble au Honduras
 Demain, on se revoit à l'aéroport les 4. Ils veulent m'accompagner jusqu'à la dernière minute. Je suis très touchée par leur présence. Des liens forts se sont tissés au fil des semaines et des émotions vécues auprès de chaque personne à différents moments durant ces 2 mois. Ce ne sera pas facile de se dire "Adios".

J'aimerais revenir l'an prochain avec la maîtrise de l'espagnol plus fluide.
Ce n'est qu'un "Au revoir", j'en suis certaine, à moins que la vie m'oriente dans une autre direction.
Je ne me fais pas d'attente ni de promesses, mais un voeu très cher de revenir.

J'ai beaucoup aimé mon séjour au Honduras et côtoyer le peuple latino, les beaux paysages, la belle température et la vie quotidienne en général.

C'est ma dernière publication officielle du Honduras. Je vais toutefois revenir écrire un résumé de mon intégration au Québec. On nous conseille d'attendre quelques semaines de retour au Québec avant de vraiment voir comment l'intégration se poursuit dans notre quotidien. Ce que j'ai vu, entendu et vécu au Honduras a changé quoi dans ma vie de tous les jours? Suis-je plus sensible à ma consommation? Ma vision du monde a-t-elle changé? Quel héritage j'aimerais offrir à mes enfants et mes petis-enfants? Je ne parle pas de l'argent mais de mes nouveaux apprentissages, de mon ouverture aux autres cultures, de ma vision mondiale et de mon implication future. J'ai besoin de me retrouver au Québec pour tout intégrer et en sortir avec une conclusion plus globale et réaliste.

Je remercie tout ceux et celles qui ont donné leur commentaire soit dans ce blog, dans un courriel ou par Skype. Je crois qu'utiliser un blog pour parler de nos voyages au fil des jours et des semaines est un outil idéal. On n'a pas besoin de sortir nos photos de voyage ni de tenter de se souvenir de nos histoires de voyage après 1 mois de retour car tout est écrit au fil des semaines. C'est merveilleux comme ça enlève les trous de mémoire pour le futur. Il existe différentes formes de blog et ce ne sont pas tous des écrits longs comme les miens. Quelques fois, seulement des images avec une légende explicative est meilleur qu'un long texte. Je termine avec des images d'enfants au retour du mariage en montagne. Rappelez-vous la montée abrupte et longue en montagne. Ces petites filles que j'ai photographiée revenaient de faire le lavage et le linge était encore mouillé dans les corbeilles.

  

La vie au Honduras n'est pas la vie au Québec et la vie au Québec, n'est pas la vie au Honduras. Lequel est le meilleur des mondes? Existe-t-il un équilibre planétaire? Un endroit où tout est parfait? Quel lieu est idéal pour un enfant? Quand il y a du "trop" quelque part et du "moins" ailleurs, qu'est-ce qui est meilleur? 6 heures passé devant un écran d'ordi ou de TV est-il meilleur que 6 heures à descendre et monter des montagnes avec une charge sur la tête? Est-ce que je peux faire quelque chose pour changer un peu mon histoire de vie?
Je reviens avec beaucoup de questions sans réponse pour le moment. Le temps des fêtes sera idéal pour me faire une bonne opinion.
Je souhaite à tous ceux et celles qui m'ont lu un "Joyeux Noël" avec la paix dans l'âme. Feliz Navidad!

samedi 11 décembre 2010

Mariage typique Hondurien

Bonjour
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas! Une expression vraie dans mon cas sauf que la ressemblance se situe aux niveaux des émotions. J'ai été encore émue aujourd'hui car j'ai assisté à un mariage hondurien type et sobre. Mais quelles belles émotions, j'ai vécues! Je vous raconte...
J'habite dans la maison Mer et Monde où la coordonnatrice Isabelle habite avec son copain Carlos (hondurien). L'oncle à Carlos se mariait et ils nous invitaient à son mariage.
Donc, nous sommes partis en taxi (coutume du Honduras) vers l'église. Une église (catholique) de mission bâtie sobrement avec de la taule au plafond et quelque bancs en bois et beaucoup de chaises de patio en plastique. Elle était située dans un quartier très très pauvre de Tegucigalpa. Des maisons bâties avec des annonces de Pepsi ou Coca cola.
Il y avait un camion avec la famille de Carlos qui suivait notre taxi. Ils arrivaient d'une ville située à 3 heures de la capitale Tegu. Il y est sorti environ une dizaine de personnes dans la boîte du camion.


Il y avait 4 mariages en même temps.













Une messe qui a duré 2 heures et bondée de gens des 4 mariages. Beaucoup, beaucoup d'enfants dans l'église...belle dynamique!
Et pour terminer...la marche nuptiale....Regardez la vidéo, c'est à voir:

Ensuite nous avons marché sur une route dans la montagne pour se rendre chez les voisins des mariés qui ont décoré leur maison pour accueillir les invités du mariage.

Voici quelques photos capturées sur la route vers la maison du mariage. Ouf une montée qui m'a demandé beaucoup d'effort car c'était très abrupte mais j'y suis arrivée.

un mur d'une maison aux couleurs de Coca Cola



Isabelle et moi en route pour la montée


Sur le chemin de la montée, on rencontre une petite fille devant sa maison


Un vue d'une route à la montagne

Vue en haut de la montagne

Et nous voilà rendus chez les voisins accueillants et la fête commence. Il y a eu de la musique et la nourriture typique du Honduras: tortillas, poulet, riz et salade aux patates avec un verre de pepsi sans alcool car c'est trop cher. Et la musique commence!
Nous nous sommes bien amusés, les enfants aussi. Un mariage typique et très joyeux. J'étais aux anges!
Ça termine bien ma dernière aventure au Honduras.
Regardez-bien ces deux jeunes danseurs, danser le regeaton...
Je vous laisse sur ces dernières images vidéo...



vendredi 10 décembre 2010

Sans photo mais avec tout mon coeur

Bonjour
Je me pose la question à savoir comment vous dire en mots ce que j'ai vécu en émotions. Ma curiosité et mon innocence pure m'amènent quelquefois dans des lieux que je ne voulais pas vraiment aller, si j'avais su.
Ce matin j'ai visité l'hôpital du peuple. C'est un immense hôpital avec plusieurs unités de soins variées. Marie Luisa nous a accueilli à son bureau, elle est travailleuse sociale et demande quelle unité j'aimerais visiter. Spontanément j'ai répondu, la pédiatrie. Pourquoi ai-je répondu ça?????? Je n'en sais rien mais me voilà partie accompagnée de 2 autres travailleuses sociales et Soeur Gisèle (mon interprète, au cas où je ne saisirais pas tout ce qui se dit). Premièrement n'entre pas qui veut y entrer dans cet hôpital, il y a un garde à la porte qui filtre tous les arrivants. Nous avions un rendez-vous avec Marie Luisa, heureusement. On se croyait dans un petit monde sous-terrain tellement il y a du brou-ha-ha, des gens partout qui faisaient la ligne d'attente. Un hôpital comme tant d'autres que j'ai déjà vu au Québec, pas trop neuf avec des plafonds qui ont connu l'innondation et des murs de ciment qui pèlent. Bon! jusqu'à date ce n'est pas si mal, me dis-je! Nous entrons finalement dans l'unité d'insuffisance urinaire de pédiatrie...des salles de 8 bassinnettes (petit lit pour enfant) accompagné d'un parent, généralement la mère. C'étaient des enfants qui venaient régulièrement car ils avaient une maladie génétique et revenaient jusqu'au dernier moment de leur jeune vie. Il y avait une enfant d'environ 12 ans, mourante dans une chambre privée avec une vitre dans la porte pour la surveiller à distance. Je ne suis pas entrée dans la chambre. Nous sommes allées ensuite voir l'unité de soins intensifs pédiatrique...oufff mon coeur a fait un tour dans ma poitrine. J'ai beau être infirmière mais les soins intensifs ce sont les soins intensifs et là, c'étaient des enfants qui attendaient la mort, dont la médecine ne pouvaient rien pour eux.. Un accidenté d'auto, un jeune enfant de 10 mois avec une atteinte cérébrale entre la vie et la mort, un bébé de 4 mois...et un autre dont je ne me souviens pas la raison de sa fin de vie. Une femme médecin nous accueille et quand elle a su que j'étais infirmière, m'a remis une blouse bleue à manche longue et m'a fait entrer. J'ai demandé si je pouvais toucher les enfants...après m'avoir lavé les mains, évidemment et elle a accepté. Le petit bébé de 10 mois semblait à semi-conscient et je lui ai touché la cuisse de ma main chaude et douce...Mon coeur était rempli d'émotions, j'étais sur le bord des larmes...je me suis ressaisie en "bonne" infirmière...mais toute la peine du monde remplissait mon coeur et en même temps je savais que nous avons tous une mission, si courte soit-elle dans la vie. En enserrant sa cuisse de ma main, je dis au bébé: "Ça va aller!" et je pensais à son passage dans l'autre monde après la vie. Ces moments furent courts mais parurent extrêmement longs pour moi tellement ils étaient intenses en émotion. À ma sortie des soins intensifs, j'ai serré longuement dans mes bras la femme-médecin, qui s'appelait Flora, en la remerciant de m'avoir accepté dans l'unité. Elle m'a sourit gentiment mais il y avait au-delà de ce regard, une compréhension mutuelle de notre impuissance devant l'incommensurable. Un moment intense que je n'oublierai jamais!

Nous nous sommes dirigées ensuite dans la section des grands brûlés...j'y suis entrée toute habillée à partir du chapeau, masque, blouse à manche longue et bottes de tissu...même visite mais cette fois-ci moins intenses car les petits brûlés avaient des petites brûlures...En fait pas si petites mais au moins ils vivaient et n'étaient pas entre la vie et la mort. La visite fut courte car je commencais à me sentir remplie de vision, d'émotions, de projets etc. La suite de notre visite s'est passée comme sur un nuage, je regardais mais je voyais peu, j'écoutais mais j'écoutais peu, j'étais remplie de cette Présence qui comble le vide au dedans...et qui remplit de Lumière comme toutes les sections de l'âme. C'est ce que je vivais! La visite a duré environ 3 heures et j'ai déjà pris en note des noms d'infirmières et de contacts importants car j'aimerais vraiment revenir 2 à 3 semaines avec des étudiantes infirmières du Québec pour un stage. J'en ai parlé avec l'infirmière-chef de l'hôpital et elle accepterait volontiers toutes étudiantes venues de l'étranger avec un protocole officiel, un espagnol correct et ma présence comme superviseur. C'est mon autre projet à mon retour au Québec. Il va me demander un peu plus de rédaction à écrire mais j'y pense sérieusement de venir ici avec des étudiantes. Pour moi, c'est un vieux rêve que je n'ai pas réalisé comme étudiante infirmière et je ne le réalise qu'à ma retraite. Ce serait tellement bon pour les jeunes infirmières de connaître une autre réalité avant de commencer leur profession. Ça pourrait leur donner le goût de l'infirmière missionnaire ou tout simplement l'ouverture d'une autre réalité humaine.
Je termine ici la rédaction de ma journée et je reviendrai cette fin de semaine avec ma conclusion de stage.

à la prochaine
Carole

jeudi 9 décembre 2010

Le début des "au revoir"

Bonjour/bonsoir
La fin de mon stage approche à grands pas. Ça commence à sentir le début des dernières rencontres.
J'ai travaillé mercredi au centre du bon pasteur et nous sommes allés au restaurant pour notre repas de Noël , notre dernière rencontre avec Soeur Gisèle et Don Carlos, l'administrateur.

Un lien d'amitié s'est créé entre nous et il y aura des échanges de courriel jusqu'à mon retour au Honduras. Mon désir le plus cher est de revenir l'an prochain avec la maîtrise de l'espagnol et mon aide plus concrète au Buen Pastor. Nous espérons sincèrement que le centre aura une subvention du gouvernement hondurien. Faisons des prières afin que cela se produise car tout est sur une corde raide là-bas. Ils ne pourront pas survivre longtemps à gérer et administrer ce centre s'ils ne reçoivent pas de dons ou de subventions. Je prévois faire des levées de fond pour eux, quand je serai rendue au Québec. C'est mon plus important projet de retour au Québec et d'implication comme coopérante internationale. Je me laisse le temps d'atterir au Québec, vivre le temps des fêtes, recevoir la bonne nouvelle d'une subvention pour que le centre El Buen Pastor continue et ensuite je vais oeuvrer pour envoyer de l'argent au Honduras à cette bonne oeuvre. Ce sera à suivre...

Aujourd'hui, ce fut mon dernier cours d'espagnol avec Aimee. Nous nous sommes serrées dans les bras avec une petite tristesse au coeur. De bons moments passés auprès d'elle à apprendre la langue spécifique du Honduras et ses tournures de phrases, ses accents, ses spécificités particulières là-bas. Je vous en donne une: "Vos"....(se prononce vosse)...c'est le "tu" du Honduras...Vos sos...veut dire "Tu es"...Imaginez comment c'est plus difficile lorsqu'un peuple ajoute un pronom.
Yo soy (Je suis)
Tu eres (Tu es) (informel)
Vos sos (Tu es) (plus familier)
Usted es (Tu es) (plus formel, plus poli)
El es (Il est)

Quelle belle langue remplie de nuances! Merci Aimee de m'avoir accueilli dans ton pays et merci pour ta patience et ton professionalisme. Elle est douée pour les langues. Elle étudie à l'université à Tegucigalpa en langue française et anglaise. Je ne l'oublierai jamais.


Et pour terminer pour ce soir, je vous parle de mon coup de coeur...Walther...mon "Che" du Honduras.
Eh!oui! J'ai tombé en amour! Je vous l'ai bien caché, n'est-ce pas?
En fait, j'ai tombé en amour avec ses oeuvres car c'est un artiste-peintre dont je vous ai parlé auparavant mais je lui avais fait une commande spéciale qu'il est venu livrer aujourd'hui. Je me suis achetée un cadeau, à moi de moi-même:
Carlos et Walther, deux cousins

Incroyable comme le monde est petit. Le peintre Walther et Carlos sont cousins. Isabelle ne le savait pas.
Je crois dans les liens qui relient tout...des liens invisibles.

Revenons à Walther, il possède une technique tellement particulière que c'est presqu'impossible de la décrire. J'admire cet artiste-peintre qui possède un grand talent, qui possède de belles valeurs, qui croit dans ce qu'il fait. Comme il disait: "Je n'adhère à tout ce que Ché a fait, mais l'essence de cette personne m'inspire beaucoup. Il peint John Lennon, il aime sa musique, il peint Jésus, il croit en ses idéologies mais il est avant tout un peintre qui aime ce qu'il fait.
J'aimerais qu'il soit connu au Québec car il le mérite tellement...(comme bien d'autres artistes québécois, je le sais) mais quand il y a un coup de coeur, on n'y peut rien sauf en parler. Ses oeuvres se vendent tellement peu cher car la monnaie est beaucoup moindre au Honduras. Si vous avez envie d'avoir une toile, c'est possible, j'ai un contact qui fera la livraison.
Alors voilà pour ce soir, demain je fais la visite de l'hôpital du peuple.
Je reviendrai avec mes observations, mes commentaires et mes émotions, ça, j'en suis certaine.
Hasta luego
Carole

mardi 7 décembre 2010

Photos seulement




Travailleurs en équilibre sur des briques
  Bonjour tout le monde
Aujourd'hui je vous partage des photos uniquement avec quelques notes au bas de quelques unes.
Vous allez voir ce que mes yeux ont vu!
Bon visionnement attentif!!! (Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Je commence par les photos insolites:
Sur la porte d'entrée d'un magasin



Différents fils d'électricité, téléphone, cablevision et un travailleur à sa pause...comme au Québec
  






       



Travailleurs de la construction

Fréquemment vu dans les rues...comme autrefois


Dépanneurs typiques du Honduras...interdiction d'entrer..on doit passer notre commande à l'extérieur et ils nous donnent nos choses par le petit carré dans la porte.
 
Transport en commun usuel


Drapeau cubain et USA côte à côte, du jamais vu!
 



Comparer la grosseur sur une tuile de 12 pouces par 12 pouces...Assez grosse merci! C'était dans notre chambre au lac Yojoha...notre compagne de chambre solitaire.
  
une vache récalcitrante...

Conducteur de la wagonnette âgé de 8 ans



Coca cola a sa montagne comme Hollywood a la sienne
 

C'était une série de photos inusitées et insolites captées au Honduras. Il y a quelques photos qui me rappellent les temps de ma jeunesse où les lois étaient moins arides envers les enfants...Les promenades dans la boîte du camion, chose du passé...

Voici quelques photos superbes:




Vue de Tegucigalpa à partir de El Hatillo
Bien oui! il y a des cactus au Honduras



Superbe toile du peintre Walther Alexis B. Urquia à Marcala accrochée au mur d'un restaurant


John Lennon par le peintre hondurien
En voyant ces superbes toiles sur les murs de plusieurs restaurants, j'ai voulu rencontrer le peintre...et la Vie m'a donné la chance que ce soit le cousin de la gentille dame à Marcala, Miriam, qui le connaissait très bien...et qui a organisé une rencontre avec le peintre:
J'ai acheté cette toile qui illustre bien le travail du café à Marcala.
J'étais un peu gênée du prix ridicule qu'il demande pour ses toiles...et j'ai commandé un Ché dont il viendra me porter à la maison Mer et monde d'ici le 13 décembre.

Voilà pour aujourd'hui une visite photographique de ma visite au Honduras.

à bientôt
Carole

samedi 4 décembre 2010

Compréhension, modération, intégration et acceptation

Bonjour
Me revoici vivant plus sereinement l'intégration et l'acceptation de la culture hondurienne. Le choc culturel ne s'est pas prolongé pendant des jours. Isabelle m'a beaucoup soutenu dans ces étapes importantes à vivre. Elle m'a posé une seule question: "Quels sont tes objectifs de stage?" J'ai relu la lettre que je lui avais envoyée par courriel et mes objectifs étaient inscrits clairement. Parmi les objectifs, il y en a un qui n'avait pas été complètement atteint, le voici:

Objectif de savoir: Connaître les honduriens et honduriennes dans leur pays, leur façon de vivre au quotidien et reconnaître nos similitudes. Ce dernier mot est important! Nos similitudes...et moi, je comparais leur vie de famille avec mes références à moi...J'ai reconnu nos différences et non, nos similitudes...Alors il me restait encore quelques jours pour reconnaître ces similitudes...


Sofia avec un joueur de soccer

J'avais auparavant manifesté le désir de participer à la confection d'une pinata. Il y a plusieurs boutiques de pinatas au coin de notre rue. Alors Carlos connaissait un couple qui avait une boutique de pinata et a organisé une rencontre avec eux. J'ai appris comment faire...et j'ai même réalisé une pinata...Disons qu'elle était déjà montée...je l'ai garni et décoré... Ce sont des belles personnes! Un jeune couple qui ne vivent que de la vente de ces pinatas. Ça prend environ 13 heures à la faire et c'est vendu 200 lempiras seulement...Barato! (Environ 10$) De grandes pinatas de 4 pieds de hauteur ou moins.
J'y retourne lundi à 13h pour faire un chateau de princesse...Je vais tout apprendre...comment faire le montage, le collage et ensuite la décoration...Je vais revenir au Québec avec ce bel apprentissage pour mes petites-filles.
Ça me remonte le moral...et puis ça répond à mon premier objectif: Reconnaître les similitudes...Cette journée,en apprenant la pinata, j'observais Sofia et trouvais qu'elle était similaire à nos jeunes québécoises...même connaissance du monde de l'imaginaire...etc.
Voilà déjà un pas vers mon objectif...
Aujourd'hui j'ai eu ma leçon d'espagnol. Cela se passe de mieux en mieux avec la langue. J'apprends et intègre bien les nuances. Je me sens beaucoup mieux.
Grâce à Carlos, demain je vais aller voir une joute de soccer (futbol), l'équipe Olimpia est en semi-finale, ce sera une belle joute, j'en suis certaine. 
Hasta la proxima
Carole

mercredi 1 décembre 2010

Le pire moment de mon stage: Choc culturel

Bonjour à tous ceux et celles qui lisent mon parcours.
Aujourd'hui, c'est avec grande humilité que je dois avouer ma sensibilité qui s'est transformée en choc culturel.
Depuis le 13 octobre, je vois des situations délicates et je vis des aventures hors de mes repères et de ma zone de confort. Je m'en sortais bien jusqu'à maintenant, mais vivre le quotidien dans une famille pauvre du Honduras m'a donné le coup fatal d'émotions multiples. Voici un résumé de mon histoire vécue:

Dimanche 28 novembre, il est 13h30 et nous nous préparons pour partir à Santa Lucia, petit village à 30 minutes de la capitale. Je me sens fébrile car je vais me retrouver en immersion totale dans une famille hondurienne. Je serai loin de mes compagnes de stage et j'accepte de vivre cette aventure dans la joie au coeur et un peu de nervosité à fleur de peau.  J'arrive dans ma nouvelle famille d'accueil vers 15h en compagnie d'Isabelle. Un escalier de pierres d'une trentaine de marches monte abruptement jusqu'à la vision de 2 chiens gardiens à dentitions armés. Un enfant s'occupe des chiens et on entre dans la maison. Les présentations sont faites et Isabelle quitte pour aller reconduire les autres stagiaires dans leur famille. Je vais dormir 4 jours dans une chambre propre et simple. Je dépose mes valises dans la chambre et je reviens dans le salon en compagnie de la famille.


Ma famille d'accueil

Marta, la grand-mère, Erica la mère et les 3 enfants, Hector, (16 ans), Andrea (13 ans) et Daniela (11ans). Une famille très sympathique dont le père travaille à l'extérieur et que je n'ai pas vu. Les enfants sont d'une politesse exemplaire et calmes. Marta et Erica, toutes deux, remplies de gentillesse m'invitent à m'asseoir au salon. Tout est petit dans cette maison. Mes yeux voient et n'arrêtent pas de faire des comparaisons avec le Québec. Au Honduras, les maisons sont construites avec de la boue qui est recouverte de ciment. Les planchers et les murs en ciment et le plafond recouvert de longues lisières d'aluminium gondolées. C'est petit et remplie d'objets divers...statues, bols, téléphones, étagères, Les murs sont couverts de photographies et diplômes etc. Les enfants dorment avec les parents, c'est assez courant au Honduras. Petite maison rectangulaire, avec 3 chambres d'un côté et salon, cuisine et salle de lavage, l'autre côté. Erica dort avec Daniela, dans 2 lits respectifs et Marta, dort avec Hector et Andrea, même chose chacun dans leur lit. Les chambres sont entassées, les adultes dorment dans un grand lit et les enfants dans un petit lit et moi, je dors dans un grand lit et une grande chambre. Je me sens mal à l'aise car j'ai un doute qu'ils m'ont donné la plus grande chambre.
Je défais mes valises et je respire un peu dans ma chambre dont la porte est fermée. Je n'entends rien de l'autre côté de la porte qui donne dans le salon. Que font-ils? J'ouvre finalement ma porte de chambre et j'aperçois toute la famille assise au salon à regarder la télévision avec le volume très bas. Je crois qu'ils ne veulent pas me déranger. J'apporte mes photos et je leur montre un peu le Québec en hiver et toutes les saisons, mes enfants, mes petites-filles et la glace est rompue avec ma nouvelle famille. Je leur donne mes petits cadeaux à chacun...et un mini jeu de domino.

Ils ne connaissent pas ce jeu donc on s'installe sur la miniature table de cuisine avec des chaises en plastiques verts forêt comme nos chaises de patio ancien modèle. Et on commence à jouer...On a rit, on s'est amusé et tout le monde a gagné au moins 3 fois les dominos à l'exception de Marta, la grand-mère qui regarde le futbol (soccer) à la TV. Je me sens bien dans cette famille mais il flotte quelque chose de non-acceptation sauf que je n'en sais rien à ce moment-là. Petite cuisine de 8 pieds par 4 pieds sans lavabo et armoires minuscules...Tout est petit: frigo, cuisinière, micro-onde, table mais grosses chaises de patio qui prennent tout l'espace...Je retourne dans ma chambre en attendant le souper qui sera à 18h. J'offre mon aide pour la préparation du souper mais Erica me dit que tout est prêt. Une soupe en enveloppe et des tortillas en sandwich avec du fromage entre 2 tranches qu'elle fait cuire dans un poêlon, genre « grilled cheese ». Je m'installe à la table de cuisine et je sens un malaise de sa part...Je la questionne et elle me dit que les soupers se prennent habituellement devant la TV au salon. Je m'installe au salon pour prendre ma soupe dont j'en échappe un peu le contenu sur mon chandail...pas trop à l'aise avec la soupe au salon et les tortillas sur ma cuisse. La maman Erica ne mange pas au souper. C'est le médecin qui lui a dit de ne manger que 2 repas par jour car elle fait du cholestérol! Ça me rend mal à l'aise! Je sais que ce n'est pas la bonne méthode pour faire baisser le cholestérol...mais qui suis-je pour changer leur vie? Je ne veux rien changer. On regarde une émission américaine traduite en espagnol. Tout est espagnol et ils me corrigent quand je n'accorde pas au bon temps mes verbes. J'aime beaucoup car j'apprends encore plus la langue.
pila
 Après souper, je vais laver ma vaisselle à la pila...c'est leur lavabo: Grand réservoir d'eau et une planche à laver en ciment avec un égouttoir pour recueillir la vaisselle lavée à l'eau froide. Petite pièce juxtaposée à la cuisine et près de la toilette. C'est plus froid ici!






Je demande la permission d'aller à ma chambre et je ressens un malaise...sournois et non reconnu. Il fait froid! Très froid! Car nous sommes en montagne et le soir c'est plus frisquet. Ils n'ont pas de chauffage! Donc, me voici installée dans mon lit avec 2 couvertures de laine, ça va pour la chaleur...je me sens bien et je ferme la lumière. Noirceur totale! Hummm...les chiens jappent tout près de ma fenêtre à briser la vitre...oufff...disons que la chienne me prend (excusez l'expression!)...Il fait noir et je suis dans la première chambre qui donne sur l'entrée à la hauteur de la terre donc très vulnérable...et voilà que les idées s'installent dans ma tête...et évidemment ma nuit est « foutue ». Je réussis à dormir mais je me fais réveiller par un bruit de sifflement tout près de mon oreille...Oh, me voilà, les lumières allumées à chercher qui m'a réveillé...rien! J'ai dû rêver! Et je tente de me rendormir en me convainquant que les petites « bibittes » ne mangent pas les grosses..ha ha! Le matin arrive tôt et je me lève pour me rendre compte que la grand-mère est partie et la maman aussi. Je suis en présence des 2 plus jeunes filles souriantes et gentilles avec moi. On déguste le déjeuner avec du sucre d'érable sur les céréales. (Petit cadeau du Québec qu'elles ont bien aimé). Elles viennent me reconduire au parc car c'est le lieu de rencontre pour rejoindre Isabelle et les 2 autres filles Carmen et Jacinthe pour nous rendre à notre lieu de travail respectif.

Lundi matin, je travaille dans une boulangerie. Je dois graisser les moules à pain! Une centaine de moules à pain, en attendant la farine qui n'est pas encore arrivée. Les gens sont gentils avec moi, on me parle lentement et je réussis à communiquer passablement. L'espagnol s'installe graduellement en moi. Le travail est artisanal et les règles de santé et sécurité au travail n'y sont pas. Je compare dans ma tête et je réalise que je suis quand même chanceuse d'être ici car au Québec, il y aurait tellement de règles pour pouvoir faire du bénévolat dans une boulangerie. Je commence à me sentir mal, la tête me tourne et j'ai terriblement soif. Il est presque midi et c'est le temps d'aller manger à la maison. Je dois revenir vers 13h30. Je retourne à la maison de ma famille d'accueil. Je me trompe évidemment de chemin, je suis perdue dans les rues et je demande mon chemin...Je retrouve finalement la maison 40 minutes plus tard...(Cela aurait dû prendre 10 minutes). Les fillettes m'attendent et la grand-mère aussi. Je mange des pâtes aux tomates et un mal de tête commence à se faire sentir. Je vais me reposer un peu.

Je reviens à la boulangerie à 14h30...Je me suis encore perdue au retour...et le mal de tête augmente de plus en plus. J'aide à couper les légumes mais à 15h45 je n'en peux plus et je demande de quitter car je me sens trop mal. Je reviens en retrouvant mon chemin cette fois-là plus facilement. Je monte l'escalier de pierres avec les chiens tenus à distance et je me couche jusqu'à 17h00. Le souper se donne à 18h30: des oeufs brouillés, du fromage, des bananes plantain cuites au micro-onde et de l'avocat. J'ai aidé la maman à couper les légumes etc. Je m'assoies à la table et les fillettes m'accompagnent. C'est bon! J'aime le sucré salé du repas. Les bananes plantain c'est très bon! La maman ne soupe pas mais boit un jus vitaminé quelconque. On retourne au salon pour regarder la TV. Pas de journaux, pas de livres! TV et salon, c'est leur vie! Je ne critique pas, je ne juge pas, j'observe c'est tout...c'est juste différent de mon quotidien! Je sens que je fais beaucoup d'efforts pour accepter ce que je vois, ce que je vis. Je vais dans ma chambre à 20h. Je tente de me connecter à mes repères en furetant sur internet et lisant les articles du Québec...Ma vie de confort! Facebook, hotmail...je lis, j'écris! Et je passe ma 2e nuit facilement avec un mal de tête en sourdine. Au 2e matin, me voilà assommée par un mal de tête en étau, des nausées et j'ai peur! Je téléphone à Isabelle, il est 06h45 du matin...ouf elle est réveillée...je ne raisonne plus, je me sens mal. Est-ce la montagne, l'altitude? Je me sens tellement mal dans mon corps! Je veux revenir à Tegucigalpa! C'est trop serré dans ma tête! En « bonne » infirmière, je vois le pire en moi: Anévrisme prêt à éclater, hypertension, AVC...etc. Je lis sur internet les symptômes du mal des montagnes, c'est ça que je vis...Ah! Rassurée! La seule façon de s'en sortir est de partir et redescendre à Tegucigalpa. Tout est organisé, Isabelle viendra me chercher. Erica est encore à la maison et je lui dis que je dois partir car je me sens trop mal...l'altitude...toutes les excuses sont bonnes pour partir. Je sens des nausées qui montent...je ne veux pas manger mais je bois du café et je prépare mes valises. Erica et Hector doivent partir et les embrassades de départ ont lieu...Je ressens de la peine de partir car ils étaient tellement sympathiques. Je reste seule avec les 2 filles qui ont décidé de demeurer dans leur chambre. Tout est silencieux dans la maison. On se croise mutuellement et on se sourit avec gêne. Le départ arrive! Je serre dans mes bras les deux fillettes...Je sors de la maison et elles m'appellent...elles me remettent chacune un dessin qu'elles avaient fait...dans leur chambre ce matin...c'était la raison de leur silence et leur désir de se cacher dans leur chambre...pour me faire une surprise! Quelle délicatesse! Je me mets à pleurer! Je suis trop sensible.



 Je reviens à Tegucigalpa. Isabelle et Carlos sont venus me chercher. Isabelle me demande si c'est juste le mal de tête qui me fait revenir ou si c'est le malaise à vivre dans la famille. Je la rassure que c'est vraiment un mal physique qui me fait revenir...J'en suis convaincue à 100%. J'ai de la peine à quitter cette gentille famille mais ma forme physique m'empêche d'y rester. J'ouvre les dessins que l'on m'a préparé. Ouff! Les larmes coulent à flot! Premier dessin: une maison dessinée et coloriée par la plus vieille des deux filles, Andrea. Le 2e dessin c'est un texte que lit Isabelle. Je fonds en larme de plus belle. Daniela ne veut pas que je les oublie et elle inscrit le nom de chaque membre de sa famille. Elle dit que je suis la meilleure étrangère qu'elle a connu. Elle m'indique 3 numéros de téléphone pour les appeler...avec des coeurs et des Love...Je suis touchée au plus profond de mon âme! Je reviens à la maison Mer et Monde, le coeur gros. Je monte à ma chambre me coucher en prenant 2 comprimés pour le mal de tête. 1 heure plus tard, je me réveille avec une révélation en pleine face! Choc culturel! Je vais voir Isabelle, les larmes aux yeux en lui disant: Tu avais raison Isabelle, j'étais en choc culturel et je ne l'ai pas venu venir...Mon corps a « psychosomatisé »! Shit de merde! J'ai vécu un choc culturel de comparaisons, comme Isabelle me dit. C'est une experte en solidarité internationale, en choc et en expériences personnelles et professionnelles. Une jeune femme de 30 ans qui a vécu le déracinement depuis l'âge de 18 ans. Elle s'y connait en peuple et en vécu. Et moi, je m'y connais en émotion et en duperie envers moi-même...Je me suis convaincue moi-même...et je me suis retirée...c'est mon mécanisme de défense, le retrait. Une chance que je reviens vite sur mes pattes...et j'y vois clair. Je ne peux revenir dans la famille car cela les traumatiserait à savoir que j'ai vécu un choc culturel...J'apprends de cette situation. Isabelle me propose de revenir le dernier dimanche avant mon départ et de les inviter à manger une soupe car c'est une tradition dans leur pays. J'accepte avec grand plaisir et je sais que je vais aller mieux dans 2 semaines. Le mal de tête a presque disparu et d'avoir discuté avec Isabelle m'a fait un grand bien.
Toutes sortes d'émotions traversent mon esprit à partir de la culpabilité à la grande tristesse. Je m'en veux beaucoup de n'avoir pas pu me ressaisir à temps. Isabelle me questionne à savoir si elle aurait dû m'en parler de ce choc que je vivais...Je lui avoue que cela aurait peut-être fonctionné mais en même temps je me connais et je l'aurais surement convaincue à nouveau que j'étais malade physiquement.
Ce qui compte vraiment c'est l'apprentissage. Oui, j'ai beaucoup appris! Appris sur moi-même, appris sur la culture hondurienne, sur mon identité, sur mes valeurs encore plus enracinées...J'en ressors grandit, c'est ça l'important! Je pense que c'est l'accumulation qui a éclaté! Depuis le début de mon séjour au Honduras, je vois des chiens avec la peau et les os, qui déambulent dans les rues et qu'on entend hurler de douleurs à tout moment, je vois des enfants sur la barre d'une bicyclette, je les vois pieds-nus sur la rue, je vois des jeunes filles enceintes, à peine âgée de 13 ans, je vois des manifestations, j'entends aussi des rires, je vois des jeunes personnes très bien vêtues, je vois les contraires, j'entends l'espagnol, je suis saturée d'espagnol peut-être...et je suis devenue la minorité visible et c'est tout ça, le choc culturel.
Je me sens impuissante, je ressens de la tristesse. Certaines personnes peuvent même ressentir de la colère envers ce peuple et la façon de vivre...Ce sont tous des signes de choc culturel. Et ensuite...qu'est-ce que je fais? Je le réalise c'est ça qui est le plus important et je me sens mieux. Au retour à Tegucigalpa, j'ai été au magasin, un centre d'achat américanisé, et j'ai mangé au resto, j'ai acheté un DVD, le film « Narnia » et je suis revenue à la maison écouter ce film en anglais...Ce n'est pas ma langue maternelle mais ça me rappelle un peu mon quotidien. Retrouver mes repères! Mon cadre familier ici à Tegucigalpa. On s'est installé au salon à regarder le film, Isabelle, Carlos, son fils Diego et moi. J'avais commencé en anglais mais comme ils sont arrivés par la suite, je l'ai recommencé en espagnol, avec sous-titre en anglais...C'est déjà un peu mieux et moins dépaysant!
Alors me voilà au lendemain de mon choc culturel en meilleur contrôle de mes émotions et beaucoup mieux dans ma tête et mon coeur. Je me sens encore très fragile mais en belle croissance personnelle.
Hasta luego
Carole




lundi 29 novembre 2010

Dossier spécial: Le village Lenca

Notre dernière journée à Marcala, nous nous sommes rendues au village Lenca, encore plus haut dans les montagnes. Il a fallu monter très haut pendant 1 heure et demie, en wagonnette dont le conducteur était connu comme le Coca-cola...(C'est l'expression de là-bas). Tout le long de la montée, le conducteur klaxonnait joyeusement à tous vents. En fait, il saluait les gens ou il indiquait de faire attention car il s'approchait...c'était vraiment très sympathique de sa part. Les gens répondaient à mes salutations à distance et souriaient toujours de voir des blanches sur leur route.  Durant tout ce temps à observer les montagnes et la route remplie de fleurs de toutes sortes, je pensais à nos descendants et à eux, de la montagne, et je les enviais un peu. Oui, j'enviais leur savoir de survivre sans électricité, sans commodité et dans la connaissance de la nature et ses fruits comestibles. Tout au long du parcours, on a pu voir ici et là, des maisonnées avec des enfants qui jouaient...des mamans qui étaient allongées parterre avec un petit enfant...des vaches partout sur la route et des poules et la vie...la vie en montagne, loin du stress de la ville et je les enviais encore plus de savoir ce savoir survivre à donner en héritage aux petits-enfants. Cela m'a ouvert l'esprit à donner un peu plus à mes petits-enfants, leur montrer la survie quand le moment sera venu pour elles d'être assez grandes pour apprendre. Voyager avec elles dans des endroits différents et moins touristiques mais sécurisées.
Bon! me revoici sur la route de la montagne, en attendant le village Lenca et nous voilà arrivées devant une maison et une autre en face et le conducteur nous dit: "Nous sommes rendus!"...Hum! 2 maisons pour un village? Mais il dit: "Le village est partout dans la montagne, ici c'est l'endroit où l'on fabrique les objets avec du barro...genre de boue pour fabriquer des assiettes, bols, pots, chandeliers...etc. Eh! oui! Je croyais voir un village avec un parc central etc...mais voyons donc, Carole, tu es dans les montagnes! Alors le village a été vu tout au long du parcours et les potières nous attendaient pour nous montrer comment elles fabriquaient la vaisselle et les bijoux. Ce sont des descendantes des Lencas, premier peuple autochtone au Honduras et dont, Lempira, un chef indien a tenté de combattre les espagnols durant la conquête de l'Amérique. Le Lempira est la monnaie du Honduras.
Je ne peux télécharger la vidéo que j'ai prise durant l'explication de leur savoir comment faire la vaisselle.
En fait, elles le font manuellement sans moule à l'exception de quelques décorations. Les assiettes sont toutes fabriquées à la main, sans tour et ensuite elles coulent de la boue liquéfiée en faisant la décoration. Elles brûlent des branches de sapin et laissent la fumée se déposer sur les assiettes, laissant une couleur noire. Elles retirent ensuite la boue liquéfiée qui a figé...et cela laisse une empreinte blanche. Voilà en résumé la façon qu'elle fabrique la vaisselle en barro. Un savoir transféré de génération en génération. Quelle beauté!  






samedi 27 novembre 2010

La route du café

J'aimerais tellement tout écrire ce que je viens de vivre cette semaine! Tout ne peut se dire mais se vivre! Je garde en mémoire une semaine vraiment très enrichissante en apprentissage sur le café, à partir du grain jusqu'à la tasse...wow!

Eh! oui! un nouvel emploi d'aide auprès d'un propriétaire d'une culture de café biologique à Marcala, toujours au Honduras. C'est incroyable comment il y a d'étapes entre la cueillette et la vente du café.
Je vais tenter de résumer grossièrement ce que j'ai appris en y insérant des photos aux couleurs du café.

Je tiens à préciser que le café de Marcala est considéré le 3e meilleur au monde pour sa qualité. Malheureusement ce sont les Allemands qui sont les plus grands acheteurs et un endroit au Canada, je crois que c'est en Nouvelle-Écosse.

Voici le lien: http://www.justuscoffee.com/

Alors nous nous retrouvons chez un propriétaire de culture de café bio. Il n'utilise aucun insecticide, ni pesticide...que du naturel. En fait, les propriétaires sont membres d'une coopérative et ils recueillent tout ce que l'arbre à café produit. La pulpe sert d'engrais naturel, la coquille séchée au soleil qui recouvre le grain de café sert de combustible pour la torréfaction du café, une couche moelleuse entre le grain et la pulpe sert d'essence naturelle pour certaines voitures d'ici ou bien il l'appelle l'aguamiel pour soigner les arbres.

1ère étape: La cueillette


La cueillette du café

Le fruit du café





Le cueillette se diffère des autres pays dans la tradition d'avoir deux réceptacles autour de la taille, un panier pour les bons grains et un sac pour les grains avec des taches ou secs.
Alors, nous avons passé l'avant-midi à cueillir des grains rouges. J'ai goûté au fruit frais et c'est sucré. Le café est le grain sec au centre du fruit rouge.
Alors, imaginez le nombre de personnes qui travaillent à recueillir à la main ce fruit qui est cultivé en montagne et en pente...pas facile d'accès. Aucune machine ne peut ramasser le fruit sans briser les branches, donc tout est cueilli à la main. La différence entre le café équitable et le régulier, c'est le salaire des cueilleurs qui est plus équitable et évalué selon le prix à la bourse à chaque jour. En général, le café est payé à la coopérative 2,25$ la livre...donc faites votre calcul sur les profits. Je sais qu'il y a beaucoup d'intermédiaires entre le producteur et le magasin. C'est là que l'équitable réduit les coûts en utilisant moins d'intermédiaires entre eux et le magasin. Il n'y a pas de compagnie Maxwell-House, Nescafé, Folger ou autres...non! Tout le monde achète le même grain aux pays. La différence c'est la qualité du grain de café et ce qu'ils ajoutent parmi les grains...des petites branches d'arbre, feuilles etc. et les grains moins bons, avec des taches, les plus secs et plus amers...etc. Certains cafés sont moins purs quand ils arrivent aux magasins. Ici au Honduras, il y a le café du peuple, El Indio. Ils incluent toutes sortes d'autres grains que le café parmi celui-ci et il est très amer. C'est leur réalité et en plus, tous les grains de première classe sont envoyés à l'étranger et les Honduriens ne peuvent boire ce café délectable. Donc, je me demande ce qu'est le café Folger, Maxwell House, Nescafé, Van Houtte, d'où vient-il? Si quelques pays cultivent le café, comment se fait-il qu'il y ait une différence de goût entre les sortes de café? Se pourrait-il qu'ils ajoutent des éléments, d'autres matières rendues à leur entrepôt?  Voilà des questions que je me pose...Sauf que je sais maintenant que je vais toujours acheter le café équitable et biologique à la fois...Pour moi, j'aurai contribué à ce que les cueilleurs soient mieux rémunérés. Je vous invite à vous pencher sur la question de quelques dollars de plus à l'achat d'un café équitable qui pourrait faire la différence dans la vie d'une famille.

2e étape: la pulpe du fruit doit se séparer et offrir le grain.

Les fruits sont trempés dans l'eau et introduit dans une machine qui sépare la pulpe du grain.

Les grains sont recueillis et séchés au soleil...Ça c'est pour la culture biologique et équitable...mais ça prend 7 jours de soleil pour bien faire sécher. La plupart des grands producteurs de café ont acheté des machines qui sèchent le grain plus rapidement...Bon! c'est l'industrialisation! Le café ROAS de Marcala est typiquement biologique et équitable.

Voici une méthode pour sécher les grains de café:



Ensuite la torréfaction du café.

Et pour terminer, la dégustation du café. Nous avons eu droit à une formation sur le café reconnu de Marcala et une dégustation assistée.

On sent le café moulu en premier

Ensuite il ajoute de l'eau bouillante et on hume les saveurs qui s'en dégage. Et pour terminer, on aspire le café dans sa bouche et on le recrache pour ne pas surcharger notre estomac.


Un bon café conserve ses caractéristiques de saveur autant chaud, tiède que froid. C'est la plus intéressante information que j'ai reçue à savoir qu'un très bon café peut se boire tiède ou même froid. Intéressant n'est-ce pas?

La dernière soirée à Marcala, nous avons eu droit à un spectacle de danse folklorique spécialement présenté pour nous, les 4 femmes de Mer et Monde. Une soirée émouvante à observer les jeunes personnes danser devant nous, juste pour nous. Quelle beau spectacle! On a été invité à danser avec eux à la fin de leur spectacle.






Voilà un court résumé des 4 derniers jours passés sur la route du café.

La semaine précédente, j'ai travaillé au centre El Buen Pastor et je dois dire que la langue espagnole devient plus maîtrisée en ce qui a trait aux thérapies de groupe. J'ai assisté à une crise importante d'un sevrage d'alcool et de drogue. La personne était en convulsions sévères et ses muscles contractés lui procuraient de grandes douleurs. Nous avons été 4 auprès de l'homme afin d'apaiser ses douleurs en lui massant les bras et les jambes. Je suis revenue dans mon rôle d'infirmière et cela a été plus facile d'y faire face. Je m'y suis sentie à mon aise et la semaine fut gratifiante pour moi. Vendredi, Soeur Gisèle et moi, sommes allées au Congrès, "genre le parlement", pour déposer son projet de subvention. Arrivées au bureau de la secrétaire, nous lui avons remis le document expliquant tous les détails du Buen Pastor et voilà que le ministre arrive à son bureau et nous salue. Quelle belle occasion et comme disait soeur Gisèle, c'est la Providence. J'en ai profité pour me présenter et expliquer mon aide de solidarité internationale et il a demandé une photocopie de notre projet à sa secrétaire. Soeur Gisèle était aux Anges! Wow quelle expression juste! Maintenant il reste à recevoir la suite pour El Buen Pastor...Je lui souhaite sincèrement.

Voilà pour cette semaine. La semaine prochaine je pars vivre dans une famille à la campagne, à Santa Lucia.
à la prochaine
Carole